Au printemps dernier et à la demande des associations, la commune a réalisé une descente bétonnée le long du foyer rural afin de faciliter l'accès aux salles du bas. Cette allée aurait pu être prolongée jusqu'à la hauteur de l'escalier de secours de la grande salle, rendant ainsi cette sortie de secours accessible dès à présent aux personnes à mobilité réduite. Mais cela n'a pas été fait.
Courant de l'été, la commune a réalisé des travaux autour de la porte d'accès de la mairie par l'ascenseur, dans le parking. Pour y accéder, il faut maintenant composer un code sur un clavier dont les touches inférieures sont à 1,36 m de hauteur et les touches supérieures à 1,46 m. La sonnette se situe, elle, à 1,41 m de hauteur.
Sachant qu'en son article 4, l'arrêté du 1er août 2006 énonce une hauteur comprise entre 0,90 et 1,30 m - ainsi que des dispositifs de commande manuelle situés à plus de 0,40 m d'un angle rentrant de parois alors que le clavier n'en est, lui, qu'à de 0,13 m - comment ne pas en déduire que, décidément, le handicap à Courdimanche ne semble pas faire partie des priorités de l'équipe majoritaire….Dans le cas de l'allée du foyer rural, il s'agirait d'un manque de crédits. Mais le dernier conseil municipal de juin ayant fait apparaître des recettes d'investissements excédentaires de plusieurs centaines de milliers d'euros… on s'interroge.
Dans le cas de l'ascenseur d'accès à la mairie, rien de tel puisqu'il s'agissait uniquement de positionner les dispositifs en conformité avec les normes plutôt que de les ignorer. D'autant plus facile qu'à la seule lecture de la Charte "Handicap", il suffisait de répercuter la hauteur stipulée pour les boîtes aux lettres, soit 1,30 m.
Certes, certes, on pourrait aussi nous dire que cet accès est réservé au personnel communal. Mais cela impliquerait alors soit de renoncer à l'embauche de personnes à mobilité réduite (ce qui s'avèrerait du même coup totalement illégal puisque la loi prescrit 6% de personnes handicapées au sein des effectifs d'une entreprise) soit d'avoir parallèlement réalisé un accès supplémentaire aux normes, réservé aux personnes à mobilité réduite. Ce qui n'a pas été fait.

En réalité, il est des circonstances où le bons sens et l'empathie n'ont pas besoin du secours des textes : se mettre à la place d'une personne à mobilité réduite, tester le terrain avec une personne valide de taille moyenne assise sur une simple chaise simulant un fauteuil roulant, et les réponses sont là. Encore faut-il le vouloir.


