Depuis peu, en guise de réponse aux demandes qu'ils effectuent dans le strict cadre de leurs fonctions associatives, les Présidents d’association également élus de l’opposition au conseil municipal de Courdimanche reçoivent – via le directeur de cabinet du maire - le courrier suivant :« Je me permets enfin de vous rappeler que d’une façon générale toutes les demandes émanant des élus doivent transiter par le cabinet. »
Que signifie cette réponse ? Qu’un président d’association parallèlement élu de l’opposition ne peut pas formuler ses demandes auprès du référent associatif. Contrairement à tout autre président d'une association courdimanchoise, il est, lui, contraint d'adresser sa demande au cabinet du maire. Qui plus est, par lettre et non par mail.
Interrogé sur la question, le Maire de Courdimanche justifie cette pratique en écrivant : « Il se trouve que vous avez également été élu par les Courdimanchois. Aussi, vous ne pouvez pas choisir à quel titre vous vous exprimez : vous êtes en permanence un personnage public, impliqué dans la vie politique locale. »
Cette réponse amène plusieurs remarques qui contredisent cette affirmation :
• Mme le maire confond la personne morale (président d'association) avec la personne physique (élu). Soit deux entités juridiques différentes. En un mot, Mme le maire arrange les lois à la sauce qui lui convient le mieux.
• Les demandes que formule un président associatif sont faites au seul nom de l’association. Ce qui n’a rien à voir ni avec la politique ni avec la personne elle-même.
Interrogé à ce sujet, le Premier adjoint au Maire - Adjoint à la Vie locale et responsable à ce titre des relations avec les associations- répond quant à lui que cette organisation n’aura pas de conséquences sur le fonctionnement même de l’association…
Outre que de nos jours, communiquer par lettre formalisée implique des tracasseries moyen-âgeuses et des délais bien supérieurs aux mails, là n’est pas le problème ; Cette obligation n’est pas acceptable dans son principe même.
Pourquoi ? Parce qu’elle est discriminatoire envers les élus de l’opposition concernés et le serait du reste tout autant vis à vis des élus de la majorité si elle leur était également appliquée.
Est une discrimination « le fait de distinguer et de traiter différemment quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne ».
Coluche l’avait bien compris : « on est tous égaux mais certains plus que d’autres ! »


